Choisir le « bon » locataire, c’est sélectionner une personne à la fois sérieuse, fiable et solvable. Une étape cruciale car une fois le bail signé, vous ne pourrez plus faire marche arrière et vous serez engagé dans une relation qui pourra durer plusieurs années...
Pour vous convaincre que le postulant remplit toutes ces conditions, vous devez être attentif à trois données fondamentales : le ratio existant entre le niveau de ses ressources et le montant du loyer ; son profil professionnel ; les garanties de paiement qu’il peut vous fournir. Évidemment, vous ne pouvez en aucun cas faire votre choix en fonction d’autres éléments tels que l’origine, la religion ou l’état de santé des candidats, sous peine d’être poursuivi pour discrimination. Vous ne pouvez pas non plus refuser un candidat au prétexte qu’il a un animal de compagnie, sauf s’il s’agit d’un animal dangereux ou des enfants, sauf si la capacité d’accueil du logement ne permet pas de les accueillir.
Sauf lorsqu’il s’agit de louer à un étudiant qui est cautionné par ses parents, les bailleurs exigent généralement de leur locataire qu’il perçoive des revenus trois fois supérieurs au loyer (charges comprises). Soit par exemple, un revenu net imposable de 36 000 € par an pour un loyer charges comprises de 1 000 € par mois.
Ce ratio ne doit toutefois pas faire oublier un autre élément, à notre avis plus déterminant : « le reste à vivre ». Il s’agit des sommes qui restent à disposition du locataire et de son foyer une fois payé son loyer. Il est plus difficile pour une personne gagnant 2 000 € par mois de supporter un loyer de 700 € que pour une personne gagnant 4 000 € un loyer de 1 500 €. De même, un couple marié avec deux enfants gagnant 3 000 € par mois aura plus de mal à supporter un loyer de 700 € qu’un célibataire sans enfant gagnant 2 000 €.
Le profil professionnel du locataire est au moins aussi important que le niveau de ses ressources. Certains bailleurs préfèrent louer à un fonctionnaire qui bénéficie de la sécurité de l’emploi qu’à un salarié du secteur privé qui risque à tout moment d’être au chômage. Ou à un retraité qui a des revenus réguliers plutôt qu’à un professionnel indépendant dont l’activité génère des revenus aléatoires.
Si vous avez affaire à plusieurs candidats salariés, vous pouvez aussi comparer leur situation respective avant de vous prononcer : quelle est la nature de leur contrat de travail, CDI, CDD ou contrat en intérim ? Ont-ils de l’ancienneté dans l’entreprise ou sont-ils en période d’essai ? Travaillent-ils dans un secteur dynamique ou dans un secteur en crise ?…
La possibilité de choisir son locataire n’autorise pas à dépasser certaines limites. Les critères de sélection sont délimités. Aller outre peut justifier des poursuites.
Ainsi, personne ne peut se voir refuser une location en raison de son origine, son nom, son apparence physique, son sexe, sa situation de famille, son état de santé, son handicap, ses mœurs, son orientation sexuelle, ses opinions politiques, ses activités syndicales ou son appartenance ou non-appartenance vraie ou supposée à une ethnie, une nation, une race ou une religion déterminée. Le candidat locataire qui estime être l’objet de discrimination peut présenter au juge des éléments (soupçons, impressions, rumeurs…) laissant supposer l’existence d’une discrimination, en vue d’obtenir une indemnisation.
Si vous êtes confronté à une telle situation, vous devrez prouver que votre décision est justifiée par un motif non discriminatoire (des revenus insuffisants ou une situation professionnelle précaire, par exemple). En cas de discrimination avérée, vous risquez jusqu’à trois ans de prison et, plus probablement, une amende pouvant monter jusqu’à
45 000 € !
Le candidat locataire qui s’estime victime d’une discrimination peut recourir à la Haute Autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité. Il peut la saisir directement (par écrit ou sur son site www.halde.fr), par l’intermédiaire d’un député, d’un sénateur ou d’un représentant français au Parlement européen, ou conjointement avec une association. La Halde peut aussi se saisir d’office et s’inviter dans les procédures judiciaires. Elle peut proposer au présumé coupable une transaction sous forme d’amende dont le montant ne peut excéder 3 000 € et, s’il y a lieu, d’indemnisation de la victime.
Bailleur : Comment mettre votre logement en location ?
Faire paraître une petite annonce dans la presse
Faire paraître une petite annonce sur internet
Bien rédiger sa petite annonce
Organiser les visites
Signer le bail et l’état des lieux
Gérer la location en direct
Confier la gestion locative à un professionnel
Les impayés constituent le principal motif d'inquiétude des propriétaires. Pour minimiser ce risque, mieux vaut choisir un candidat qui vous offre de solides garanties de paiement.
La fourniture d’une caution est la plus répandue. Il s’agit d’un engagement écrit pris par un tiers de payer le loyer et les autres dettes locatives en cas de défaillance du locataire. Généralement solidaire du locataire, la personne qui se porte caution est tenue de vous rembourser les dettes de ce dernier à première demande, sans que vous ayez à poursuivre votre locataire au préalable. Ce type de garantie est surtout exigé en présence d’un locataire qui ne remplit pas tous les critères de solvabilité habituellement exigés (étudiant, chômeur ou salarié dont les revenus ne représentent pas trois fois le loyer).
En présence d’un locataire qui ne peut pas vous fournir de caution, vous pouvez souscrire à vos frais une assurance «loyers impayés». Il en existe deux types : la Garantie des risques locatifs universelle (GRL) et la Garantie des loyers impayés (GLI). La première est mise en place par l’Etat et le 1 % Logement et commercialisée par les assureurs ayant adhéré au dispositif, la seconde est une assurance privée. Dans les deux cas, vous êtes couvert si votre locataire ne paye plus son loyer, s’il commet des dégradations dans le logement ou en cas de contentieux judiciaire. Mais vous ne pouvez souscrire la GRL que si le loyer ne dépasse pas 2 000 € par mois, ni 50 % des ressources du locataire.
Attention, le cumul de garanties contre les impayés est désormais interdit, sauf location à un étudiant ou un apprenti. Cela signifie que vous ne pouvez pas souscrire de GRL ou de GLI si votre locataire vous fournit la caution d’un tiers. Pour en savoir plus, consultez l’article de notre Guide du bailleur intitulé Les garanties à prendre avant de louer.